mardi, 20 octobre 2020|

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La Corrida interdite aux mineurs... A quand interdite tout court ?

Date de publication :
Mots clés :
  • Faits de société
  • Protection des animaux
  • Tauromachie

  • On apprend que :

    Un groupe de concertation sur le bien-être et la protection animale va se pencher sur l’interdiction éventuelle de la corrida aux mineurs, selon un courrier de la présidence de la République adressé le 17 janvier dernier à la Société protectrice des animaux (SPA). Libération du 21/01/08 par AFP

    Bien, bon début... Pourquoi aux mineurs d’ailleurs ? Pourquoi être si restrictif ?

    Pour rappel :

    La corrida est une forme de course de taureaux, consistant en un combat à l’issue duquel le taureau est mis à mort . La corrida est pratiquée essentiellement en Espagne, au Portugal, dans le Midi de la France, dans certains états d’Amérique latine (Mexique, Pérou, Colombie, Venezuela, Équateur et Bolivie). Définition de Wikipedia

    La mise à mort fait bien partie du déroulé, contrairement à ce que les défenseurs de la corrida avancent...

    Ce courrier rappelle d’abord que la corrida "est fortement ancrée dans l’identité de certains de nos territoires". Libération du 21/01/08 par AFP

    Oui, avec la culture, on ferait passer tout... On parlerait encore le latin si on écoutait...

    Oui, je suis hostile à la corrida... J’y mettrais une nuance... J’y suis hostile dès qu’il y a maltraitance de l’animal, c’est à dire :

    - piquer avec les "banderilles" :

    Les banderilles (en espagnol banderillas) sont des bâtons d’environ 80 cm de long, terminés par un harpon et recouverts de papier de couleur, plantées sur le dos du taureau lors des corridas. Définition de Wikipedia


    - utiliser les "picador" :

    Dans une corrida, le picador (synonyme : piquero) est un cavalier dont le rôle consiste à piquer le taureau lors du premier tercio. Armé d’une pique de 2,60 mètres de long environ, il monte un lourd cheval aux yeux bandés et protégé par un caparaçon d’une d’une trentaine de kg. Définition de Wikipedia


    - Pratiquer "l’estocade" :

    Ce tercio se termine par l’estocade à l’aide de l’épée.Définition de Wikipedia


    - Pratiquer le "descabello" :

    Parfois, après l’estocade, le taureau tarde à s’écrouler. Le matador doit alors descabellar : il plante une épée spéciale (verdugo) entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale, au même endroit que celui où le puntillero plantera sa puntilla.Définition de Wikipedia


    - Pratiquer la "puntilla" :

    Après l’estocade (et éventuellement après le descabello), le coup de grâce est donné par l’un des peones (appelé puntillero) à l’aide d’une puntilla, poignard à lame courte et large, plantée entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale, afin de détruire le cervelet et le début de la moelle épinière.Définition de Wikipedia

    Pourtant, cette mascarade sportive est encadrée par des réglements officiels, et entre autre une loi : La loi Grammont

    Jusqu’à la fin du XIXe siècle, selon certains, la loi du 2 juillet 1850 dite Loi Grammont condamnant les sévices aux animaux, était applicable aux courses de taureaux ; selon d’autres, elle ne l’était pas. Les tribunaux et les préfets ont eu pendant longtemps des opinions diverses sur le sujet. Certains préfets les interdisaient, d’autres les autorisaient ; organisateurs et matadors n’étaient pas systématiquement poursuivis devant le tribunal ; quand ils étaient poursuivis, parfois ils étaient punis d’une lourde amende, parfois ils étaient relaxés. Il suffisait de changer de préfet ou qu’un magistrat change de tribunal pour que la pratique change radicalement. On a vu pendant cette période des corridas organisées un peu partout en France ; il y en a même eu au Havre et à Roubaix.Définition de Wikipedia

    Normal, la loi doit s’appliquer partout et sans distinction territoriale. Il fallait qu’elle soit adaptée et renforcée... Mais la "culture" a fait son office...

    Au début du XXe siècle, la Cour de cassation a jugé une bonne fois pour toutes que la loi Grammont s’appliquait aux corridas. Dès lors, la pratique s’est établie d’une manière étonnante :
    - Dans certaines zones, il y avait fort peu de volonté d’organiser des corridas. Quand par hasard, quelqu’un voulait en organiser une, le préfet l’interdisait systématiquement et l’interdiction était respectée. Et si, par extraordinaire, la corrida avait quand même lieu, organisateurs et matadors se retrouvaient devant le tribunal correctionnel qui les condamnait à une amende. Dans ces lieux, la corrida a totalement disparu, sans jamais avoir pu s’implanter réellement.
    - Dans d’autres zones, nombre de corridas étaient organisées ; les préfets ne les interdisaient quasiment jamais ; quand par hasard il venait au préfet l’idée de l’interdire, la corrida avait presque toujours lieu malgré l’interdiction ; le plus souvent, personne n’assignait les contrevenants devant le tribunal ; quand il y avait procès, les coupables étaient condamnés à des peines symboliques. Dans ces endroits, la corrida a donc continué d’exister malgré la loi Grammont.Définition de Wikipedia

    Etonnant non ? Alors, il fallait trancher... Soit disant en s’appuyant sur la culture !

    Pour mettre fin à cette situation ambigue, le législateur a donc adopté une position pragmatique :
    - Lorsque les courses de taureaux n’existent en vertu d’aucune tradition locale, que leur organisation ne vise pas à satisfaire les goûts d’une large partie de la population pour ces spectacles, ne s’agissant que d’opérations financières montées par d’habiles commerçants qui spéculent sur la mode et sur l’attrait de la nouveauté, elles continuent d’être interdites.
    - Lorsque les courses de taureaux existent en vertu de traditions locales, que leur organisation répond à une demande d’une large partie de la population locale qui y a goût, alors elles sont expressément autorisées.Définition de Wikipedia

    Mais à un truc mal ficelé, on arrive toujours à se glisser dans les failles !

    En 1951, un alinéa a été ajouté à la loi Grammont : « Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition ininterrompue peut être invoquée. » Cet alinéa a été complété en 1959 : la tradition doit être « locale et ininterrompue. »Définition de Wikipedia

    Et de donner des abérations !

    La loi reste vague concernant les lieux où la corrida est devenue légale : « lorsqu’une tradition locale... », et non : « dans les départements dans lesquels une tradition locale... » ou « dans les communes dans lesquelles une tradition locale... » ; ou encore : « dans les départements de X, Y, Z... » ou « dans les communes de x, y, z... ».
    - Si des corridas ne sont organisées que dans des lieux dans lesquels personne ne conteste l’existence d’une « tradition locale ininterrompue », cette absence de toute contestation est la démonstration qu’elles sont toutes organisées à l’intérieur des « frontières ».
    - Si des corridas sont organisées dans des lieux dans lesquels une contestation s’élève, le tribunal sera chargé de définir, au cas par cas, si on se trouve en deçà ou au-delà de la « frontière », permettant progressivement de délimiter celle-ci.
    Dans ce fameux troisième alinéa, le terme « local » est sujet à interprétation : selon les opposants aux corridas, ce terme renverrait à « localité », donc à « commune ». La corrida serait donc légale uniquement dans les communes dans lesquelles une tradition peut être invoquée.Définition de Wikipedia

    Bref, le bordel ! En attendant, les taureaux sont massacrés pour le bon plaisir du peuple. L’argument de la bravoure du taureau, du combat inégal de l’homme de 70kg contre la bête de 500kg, laissez moi rire !

    Alors qu’il existe des alternatives moins violentes, moins sanguinolantes, moins bestiales, plus respectueuses, bref, plus acceptables éthiquement ! Par exemple :

    - "L’acoso y derribo" :

    (Des verbes « acosar » et « derribar », « poursuivre » et « renverser »). Jeu consistant pour deux cavaliers à poursuivre un jeune taureau dans les champs et le renverser en le poussant du bout d’une perche. Ce jeu était à l’origine une forme de tienta de macho, ce qui explique qu’on le pratique à proximité du reste du troupeau. Après sa chute, le taureau peut, soit charger les cavaliers qui l’ont provoqué, soit rejoindre le reste du troupeau, ce qui permet d’évaluer sa combativité.Définition de Wikipedia


    - "La course camarguaise" :

    Il s’agit là d’un sport consistant pour les raseteurs à tenter de décrocher une cocarde accrochée entre les deux cornes du taureau, puis deux glands accrochés chacun à une corne, enfin deux ficelles, entourant chacune l’une des cornes.
    Ce sport est pratiqué en France, dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Gard, de l’Hérault et dans quelques communes du département de Vaucluse. Il est régi par la Fédération française de la course camarguaise dont le siège est à Nîmes.Définition de Wikipedia


    - "La course landaise" :

    Il s’agit là d’un sport consistant pour les « écarteurs » ou les « sauteurs » à défier une vache et à faire des sauts au-dessus ou des écarts à son passage.
    Ce sport est pratiqué en France, dans les départements des Landes (d’où son nom) et du Gers. Il est régi par la Fédération française de la course landaise dont le siège est à Saint-Pierre-du-Mont (Landes).Définition de Wikipedia


    - "Le toreo comique" ou « charlotade » (espagnol : toreo comico ou charlotada) :

    Le toreo comique, forme de tauromachie aujourd’hui sensiblement tombée en désuétude, a connu un franc succès jusque dans les années 60. Il s’agit de parodies de corridas dans lesquelles les toreros se livrent à toutes les excentricités devant des veaux. Souvent les toreros sont des nains.Définition de Wikipedia


    - Le "toro-piscine"

    Jeu en vigueur essentiellement dans le Midi de la France, consistant à lâcher une vachette camarguaise ou landaise aux cornes emboulées dans l’arène. Ceux qui le veulent se livrent à des jeux : la statue (les concurrents doivent rester debout sur un tonneau, le gagnant étant le dernier à rester sur son tonneau), la partie de cartes (les concurrents doivent s’asseoir sur les tonneaux en formant un carré, comme s’ils jouaient aux cartes), le toro-ball (ça ressemble au hockey sur gazon, sauf que les crosses sont remplacées par des balais), etc. Au milieu de la piste, se trouve une piscine faite avec un mur de balles de paille et une bâche étanche ; le sommet consiste à faire entrer la vachette dans la piscine ; le nec plus ultra consiste à y entrer en même temps que la vache ! Les gagnants touchent des primes, afin de donner un enjeu.Définition de Wikipedia


    - "L’encierro" :

    Encierro est un terme espagnol signifiant littéralement « enfermement ». Au sens premier, ce mot désigne le fait d’enfermer les taureaux aux corrales, cours généralement attenantes aux arènes, dans lesquelles ils seront gardés jusqu’au jour de la corrida. Dans un deuxième sens, il désigne le lot de taureaux destiné à la corrida. « Pour telle corrida, l’encierro est de Victoriano del Río » signifie donc « Pour telle corrida, le lot de taureaux vient de l’élevage de Victoriano del Río ».
    Dans les villes et villages des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l’Hérault, les encierros sont en fait des lâchers de taureaux de Camargue dans une rue fermée à ses deux extrémités par des charrettes et des barrières, ou sur une place publique dont les accès sont fermés de la même manière.Définition de Wikipedia


    - "L’abrivado" :

    Mot provençal signifiant « arrivée ». Autrefois les taureaux qui participaient aux courses camarguaises faisaient le trajet à pieds, accompagnés par les gardians. Dans les traversées de villages, les jeunes du pays tentaient de les faire échapper pour ensuite s’amuser avec. Afin de limiter les risques de voir leurs taureaux leur échapper, les gardians leur faisaient donc traverser le village au galop, à la vitesse la plus élevée possible.
    Aujourd’hui, les abrivado sont organisées spécialement. Les rues sont barrées par des barrières de grande hauteur afin d’empêcher les taureaux de s’échapper en rase campagne, les gardians font semblant d’empêcher les atrapaïre (« attrapeurs » en provençal) de faire échapper le taureau, les atrapaïre rivalisent d’adresse et de témérité. Il est même organisé des concours d’abrivado, plusieurs éleveurs y participant et étant jugés sur le nombre de taureaux qu’ils ramènent au bercail.Définition de Wikipedia


    - Et plein d’autres jeux sportifs sans massacre !

    Car on peut tout à fait reconnaître le caractère sportif de ces jeux, car là, en effet, l’homme de 70kg se mesure à la bête de 500kg SANS ARME ! Le combat est même déloyal car la force n’est pas comparable. C’est l’habileté et l’intelligence de l’homme qui fera que le déséquilibre sera compensé.

    Alors, oui, on peut "jouer avec des animaux" sans pour cela les maltraiter avant, pendant et après le jeu. Même si dans l’absolu, si on les laissait tranquille, ce serait encore mieux... Idem pour les cirques, les zoo, ... Mais ce sera un autre bilet !


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    Ma formation initiale est un parcours supérieur dans les sciences humaines et le travail social, car je place l’humain au centre de toutes mes réflexions et souhaits d’agir.Retour ligne automatique Intéressé par l’insertion professionnelle à l’origine, mon intérêt pour le 19ième siècle et l’émergence (...)
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