dimanche, 17 janvier 2021|

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Recyclage des médicaments VERSUS traitement à la pilule ?


Cela fait longtemps que je voulais poser dans un billet, avec vous, cette question. La plupart d’entre vous ont déjà utilisé des médicaments achetés en pharmacie, remboursés par la sécurité sociale, ... et jeté une partie car périmés et en trop !

7 milliards d’euros, 23500 tonnes... C’est l’estimation de la valeur des médicaments inutilisés par les particuliers en France !
80 millions d’euros, c’est la valeur des médicaments inutilisés dans les maisons de retraite en France.
14 % des 170 000 tonnes de médicaments vendus chaque année en France, pour un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros.

Je suis un citoyen, je garde mes médicaments périmés / en trop dans un sac que j’emmène à la pharmacie de temps en temps. Cyclamed les récupère ensuite.

La dernière fois que j’y suis allé, j’étais fumasse car on m’a expliqué que seuls les produits étaient repris, il fallait donc enlever les notices en papier et les cartons d’emballage [1]. Je suis retourné chez moi, fait deux sacs et revenu porter ce que la pharmacie reprenait. Et j’ai fait mes tas ! Les papiers au tri, les cartons au tri, les gélules au tri... Mais pas aux mêmes endroits ! En effet, les papiers sont à mettre à 10m de chez moi, les cartons à la déchetterie à 2km, les gélules à la pharmacie à 5km. Il faut être citoyen et très convaincu pour éviter le geste (malheureux mais compréhensible) de la boite dans la poubelle tout venant !
Et comme vous, je me suis dit "Bah, pourtant, cyclamed récupère tout non ? Pour recycler ou envoyer les non périmés dans les pays pauvres ?" Non. Nenni. Niet. Nada. Cela ne sert qu’au recyclage, pas pour les Africains ou peuplades en misère sanitaire ! Enlevez vous cela de la tête ! Et pour les emballages cartons ? Le site de Cyclamed est clair : "Cyclamed est agréée pour la collecte des Médicaments Non Utilisés accompagnés de leurs emballages. Lorsque vous rapportez vos médicaments, laissez-les dans leur conditionnement (blister, tube, boîte…). D’autre part, les flacons, les tubes souples, les aérosols ne sont jamais vraiment vidés de toute substance : il faut donc les rapporter. Ces emballages seront valorisés. Les emballages totalement vides et les notices – qui n’ont pas été en contact direct avec les substances médicamenteuses – peuvent être mis sans danger dans la poubelle des déchets ménagers, selon le mode de tri sélectif mis en place dans votre commune."
Grosso modo, j’ai fait le travail de quelqu’un d’autre, qui n’avait pas envie de le faire...

Et si vous avez un doute, n’hésitez pas à consulter le site de Cyclamed !

Bref, revenons à la réflexion d’origine ! Et à la racine du mal selon moi...

Si on avait le traitement prescrit pour la durée du traitement [2], on aurait moins de gaspillage. Et d’une pierre deux coups, car le traitement à l’unité impliquerait, selon moi, des contenants réutilisables ou du moins, moins coûteux en recyclage.

J’ai du respect pour mon pharmacien. Outre qu’il soit très sympa relationnellement, je reconnais son savoir. Et je sais le trouver pour des conseils. Mais doit on faire 7 ans d’études pour n’être qu’un commerçant, un vendeur de boites, auxiliaire de l’ordonnancier qu’est le médecin ? Probablement pas, et pourtant, c’est bien l’image que cela donne tout cela.

Aucunement, je ne souhaite qu’ils reviennent aux apothicaires, ces précurseurs des pharmaciens qui préparaient ET vendaient des breuvages et des médicaments pour les malades [3]. Mais d’autres pays vendent les traitements à l’unité et non à la boite. Cette façon de vendre est, à mon sens, beaucoup plus responsabilisant pour le pharmacien, qui doit apporter conseils, indications et contre indications aux patiens, en lieu et place de la note d’utilisation [4]. Marisol Tourraine a lancé une expérimentation de 3 ans en 2013, on va voir ce que cela va donner. Mais d’autres pays le font : en Hollande, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou au Canada. Et cela fonctionne bien !

Les fabricants de médicaments rétorquent..

La vente à l’unité ne garantit pas à elle seule la réduction du gaspillage de médicaments. D’autres facteurs peuvent intervenir dans les causes de gâchis, par exemple, l’inadaptation de la prescription ou encore la mauvaise observance des patients à leur traitement. Les entreprises du Médicament

Jolie façon de renvoyer sur le patient et le prescripteur la responsabilité du gaspillage tout en préservant leurs clients (les pharmaciens). C’est pas moi, c’est l’autre.
Et d’expliquer pourquoi la vente à l’unité ne fonctionnerait pas !

Pour des raisons de santé publique, la vente à l’unité imposerait cependant de garantir la sécurisation de l’identification de chaque unité et les conditions de leur conservation au domicile des patients. Une exigence difficile à remplir. Par ailleurs, la mise en œuvre éventuelle de la vente de médicaments à l’unité représenterait un coût qu’il conviendrait de défalquer des économies potentiellement réalisées du fait d’un moindre gaspillage de médicaments. Les entreprises du Médicament

On notera les arguments de santé publique (Houlala, atteusssion !) et économique. L’argument de santé publique ne tient pas puisque d’autres pays pratique déjà la vente à l’unité. Bien entendu, il faudra accompagner un changement éventuel par de l’information [5]. Et sur l’économique, probablement vrai, on pourra penser là aussi à de l’accompagnement, même si les entreprises du médicament sont déjà mondialisées et donc, pratiquent déjà la production pour d’autres pays utilisant la vente à l’unité.

Oui, bien entendu, il faudra de adaptation, de la conduite du changement, mais cela fonctionne ailleurs, pourquoi cela ne fonctionnait il pas ici ?

Je l’ai dit, cela renforcerait le rôle des pharmaciens. Un vrai rôle de conseillers et d’accompagnement qu’on leur reconnait peu à l’heure actuelle. La vente à l’unité obligerait à passer plus de temps avec les patiens, et donc, cette vente est plus chronophage au bénéfice du conseil. Peut être qu’il faudrait penser à reconnaître ce rôle en passant d’une simple rémunération à la marge de boite de médocs à une rémunération combinée avec un conseil, beaucoup plus valorisant pour le pharmacien ?

Pour aller vers cette vente à l’unité, il faudrait une vaste campagne de communication et d’adaptation au changement des patients, mobilisant médecins et pharmaciens. Il faudrait modifier la rémunération des pharmaciens pour les reconnaitre dans le rôle de conseillers médicaux, mais aussi faire que les patients soient moins stupides et qu’ils comprennent qu’un traitement a une posologie et une durée. Ne pas les suivre, c’est moins guérir et gaspiller !

C’est pas gagner !


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[1Je ferai un billet un jour sur les tâches qu’on nous demande de faire, de plus en plus, sans pour cela que les prix ne baissent !

[2Avec une marge éventuelle en cas de perte ou d’erreur

[3Un décret de Louis XVI sépare les corporations d’apothicaires et d’épiciers reconnaissant ainsi le monopole de la vente des médicaments aux seuls membres du Collège royal de pharmacie. Il officialisait ainsi la pharmacie comme une branche de la médecine nécessitant des études et des connaissances approfondies. La loi du 21 germinal an XI (11 avril 1803) régira l’exercice de la pharmacie.

[4Qui peut être ramenée à une notice plus simple

[5Ce qui renforcera la place centrale du pharmacien


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A propos de Le blog de Guillaume
Ma formation initiale est un parcours supérieur dans les sciences humaines et le travail social, car je place l’humain au centre de toutes mes réflexions et souhaits d’agir.Retour ligne automatique Intéressé par l’insertion professionnelle à l’origine, mon intérêt pour le 19ième siècle et l’émergence (...)
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