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Quand le capitalisme investit le solidaire...


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Avec la difficulté àboucler des budgets de plus en plus serrés, les différents gouvernements successifs occidentaux, de gauche ou de droite, abandonnent au profit du privé des activités qui leur étaient attribués depuis quelques décennies, voire quelques siècles : culture, intervention sociale, ... Sans utiliser le grand mot de "désengagement de l’Etat", si souvent utilisé (Ce n’est pas un jugement de valeur) et surtout si souvent àtort, restons modérés.

Le glissement progressif àl’anglosaxon de nos modèles de financement d’activités non rentables (Càd sans retour financier sur investissement) se laisse voir sous différents angles. Prenons celui des fondations. Des grandes entreprises créent des fondations et lancent des appels àfinancements dans des domaines ciblés, souvent en lien direct avec leurs activités.

Pour rappel :

Une fondation, c’est l’acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou morales décident l’affectation irrévocable de biens, droits ou ressources àla réalisation d’une Å“uvre d’intérêt général et àbut non lucratif.

Prenons un exemple ! L’une des plus grandes entreprises de gestion des eaux et de ramassages des déchets industriels et ménagers a créé sa fondation il y a plusieurs années. Sur son site, on explique :

Créée en mai 2004 et dotée d’un budget annuel de 5 millions d’euros, la Fondation d’entreprise XXXXX se classe parmi les grandes fondations privées françaises. Elle aide des projets concourant au développement durable avec comme priorité la solidarité, l’insertion professionnelle et l’environnement, en France ou àl’étranger.
Depuis 2004, la Fondation XXXXX a soutenu plus de 600 projets.

Quand on voit les négociations qui ont eu lieu, et les odeurs de souffre qui planent autour d’une éventuelle surfacturation, on peut penser légitimement que l’entreprise concernée est bien positionnée sur la définition basique du capitalisme : "la recherche du profit maximal".

Est ce autre chose qu’une recherche de virginité que de se laisser aller àcréer sa fondation ? Surtout intervenant dans le développement durable ! Le capitalisme destructeur de richesses s’offre une virginité solidaire àfaible coà»t. Prenons dans la poche des citoyens pour financer ce qu’on détruit quotidiennement. Discutable !

Autre exemple : le monde financier. Une publicité m’avait intrigué il y a peu. L’assureur Generali a lancé une campagne de publicité sur la responsabilité vis àvis de la planête. L’angle est "soyons respectueux, soyons durable, soyons solidaire", angles un peu usés en ces temps d’"éthique àdeux balles" de la part des grands groupes industriels (Sans même parler de l’hypocrite "greenwashing" !!).
On nous avait même gratifié de l’icône superstar Zinedine Zidane en personne, nous accompagnant (Nous donnant des leçons) sur ce qu’il fallait faire et penser.
Et quand on va sur le site de Generali sur l’épargne solidaire, cela fait froid dans le dos tellement on pourrait voir cela sur les sites de la Caisse d’Epargne ou du Crédit Coopératif tant les actions et termes proposés sont du registre bien connu. Sans nier l’apport indiscutable àdes actions qui méritaient qu’elles se fassent, on peut légitimement s’interroger sur l’entrée de ces groupes financiers et industriels rachetant leur virginité en finançant des organismes qui vont se charger de reconstituer le lien que les groupes ont cassé.

Nous sommes en plein dans l’économie de la réparation. On pollue, on paye les dépollueurs, mais surtout, on ne change rien àses pratiques. On casse du lien social, on finance des organismes recréant du lien social...

Il y a urgence àsortir de cette vision appauvrie de nos actions et trouvant de vraies corrélations entre les organismes de l’économie sociale et solidaire, et de vrais débouchés entre ces acteurs.


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2 Messages

  • Quand le capitalisme investit le solidaire... 9 septembre 2009 12:23, par Guillaume Chocteau (Ressources Solidaires)

    En surfant sur des sites, j’ai vu une pub de Google adwords pour Generali. L’URL est solidaire.generali.fr/generali-epargne/lessentiel

    Magnifique non ?

    Voir en ligne : Faites payer Generali !

    repondre message

  • Quand le capitalisme investit le solidaire... 9 septembre 2009 12:25, par Michel-Jean LAVEAUD

    Pour sortir de cette vision appauvrie de nos actions et en trouvant de vraies corrélations entre les organismes de l’économie sociale et solidaire, et de vrais débouchés entre ces acteurs : faire le distingo entre l’information, la communication et la propagande.

    L’ouvrage collectif " La mise en culture des territoire " publié aux Presses Universitaires de Nancy, actes du Colloque éponyme de mai 2007 , était porté par le Groupe Recherche Information Communication Propagandes de l’Université Nancy 2. Par son nom ce Groupe de Recherche désigne le glissement incidieux et pas nouveau depuis Himler et sans doute bien avant, la propagande voisine avec la communication, l’information , la culture et l’éducation mobilisent d’autres acteurs et sans doute d’autres conditions d’élaboration et de contrôle des informations qui circulent et construisent l’opinion.

    Les prochaines 5 émes Assises "debout" du Développement durable àLyon les 19, 20, 21 janvier 2009 àl’initiative de l’Association des Régions de France (ARF) et hôtes de la Ville de Lyon et de la Communauté Urbaine du Grand Lyon nous dirons sans doute où les Régions de France placent l’ESS. Sans doute pas àl’abri des mécennes généreux pour les arroser, ces assises seront sous tutelle pour que " la marche en avant" de la société civile ne soit pas trop contradictoire avec leur main-mise.

    Si la première nationale " le mois de l’ESS" en novembre dernier illustrait bien ce que pouvait être l’information par les acteurs eux-mêmes sur leur part au bien commun, la communication institutionnelle et le rôle des CRES(S) furent déterminant, quant àvoir les grands groupes industriels et bancaires se payer sur le dos de la bête, en nature, c’est un peu lourdingue.

    Le mois de l’ESS, n’a nullement cacher les difficultés structurelles de l’ESS et abandonner la communication de l’ESS àces "faux-propagandistes" de celle-ci. Ces agissements s’opposent àla mise en culture de celle-ci comme une (nouvelle)pratique sociale qui ne peut se satisfaire des manipulations médiatiques et d’affichage sur le réseau des sucettes urbaines trés tendance ( écolo-bio-durable-solidaire) un potage qui ne cachera la soupe populaire qui sera peut-être le rendez-vous obligé de nombreux contemporains. Cette débauche médiatique et récupératrice sans vergogne, incite àmettre en culture et dans les pratiques éducatives, des moyens de la réussite coéducative autres que de bader devant des communications ruisselantes de bonté. L’obligation de résultat sans l’obligation des moyens : la réussite économique sans les hommes serait-elle la nouvelle promesse ?

    Si la diversité culturelle est admise comme condition de " la réussite coéducative ", l’ESS ne saurait en être absente. A défaut de " Droit de cité " pour l’ESS et pour une lisibilité directe de ses bonnes pratiques, la propagande d’Etat complice du marché s’affirme comme la norme.Les Collectivités Territoriales qui sont plus maîtres d’ouvrage que l’Etat avec ses administrations, saisiront peu ou prou l’opportunité de mettre l’intelligence, les engagements, les prise de risque ( dans la vie réelle, pas dans le déclaratif) des acteurs de l’ESS et assureront une forme de régulation modération des aléas de la crise financière, économique, sociale et environnementale actuelle.

    Cela en rien ne dédouanera les acteurs de l’ESS de la multiplicité des fronts sur lesquels ils devront être présents, vigilants. La cohérence et l’éthique des postures, des politiques et des pratiques d’acteurs étayeront une présence qui rivalisera sans doute avec le brillant trompeur de la communication des simulacteurs qui tentent de gagner notre indulgence coupable, sur un fond de neutralité morale et de fatalisme.

    Il serait judicieux que nos enfants, que les jeunesses, s’émancipent un peu ( beaucoup) de ces raccourcis dévastateurs qui " habillent" mal la nudité du capitalisme. Il s’agit là, simplement de " la formation àl’exercice de la citoyenneté " pour laquelle la Région Rhône-Alpes alloua une subvention modeste mais pas seulement symbolique pour l’actuel Séminaire nomade des politiques locales de la jeunesse animé par le C.I.C.S.TE Arcure Art. 17 et Les Ateliers d’Algebrista en et depuis " Territoire Rhône". . Ce vaste territoire interrégional, le Grand bassin versant du Rhône est difficilement- voire impossible - àgérer dans sa diversité, condition même d’un autre possible, liant le macro et le micro-économique, le local et le global interrégional, liant l’économie de la connaissance, celle des savoirs formels et informels, l’économie plurielle où l’économie relationnelle créve l’affiche pour rencontrer et ( faire) vivre les humains et la planète plus que des (ré)actionnaires masqués.

    Pour être membre du Conseil Local de Développement du Pays Une Autre Provence avec la diversité culturelle économique et sociale que dessinent les Baronnies Provençales àl’Est ( nouveau programme européen Leader), àl’Ouest les complexes électronucléaires de notoriété internationale et autres grands groupes du Sillon rhodanien. Avec Grignan et ses vélléités de correspondances, vous comprendrez que nos Voeux pour 2009 soient nomades et emprunts de cette diversité et dans le même temps attentifs àune mise en culture des territoires, en excluant les raccourcis abusifs.

    2009 et làet nous pas complètement lassés de demander et d’approcher du respect réciproque garant de notre propre survivance. Les grands goupes industriels et bancaires n’existent que par le crédit que nous leur donnont et ceux qui sont àla merci ne sont pas nécessairement ceux qui le croient.

    Plus la grosssièreté est " philoménale" plus l’entendement hésite àla réfuter.

    repondre message

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A propos de Le blog de Guillaume
Ma formation initiale est un parcours supérieur dans les sciences humaines et le travail social, car je place l’humain au centre de toutes mes réflexions et souhaits d’agir.Retour ligne automatique Intéressé par l’insertion professionnelle à l’origine, mon intérêt pour le 19ième siècle et l’émergence (...)
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