lundi, 30 novembre 2020|

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Les plus hauts magistrats dénoncent les propos de Sarkozy sur la justice


Les plus hauts magistrats de France sont sortis de leur réserve pour dénoncer les propos sur la justice de Nicolas Sarkozy, qui a assuré vendredi que "jamais" il n’avait "mis en cause les magistrats dans leur ensemble".

Voyant dans les déclarations du ministre de l’Intérieur une "nouvelle atteinte àl’indépendance de l’autorité judiciaire", Guy Canivet, premier président de la Cour de cassation, a demandé àêtre reçu par Jacques Chirac "garant de l’indépendance de la magistrature". L’Elysée lui a aussitôt donné rendez-vous pour vendredi matin.

Au milieu des critiques de l’opposition et des syndicats de magistrats, le ministre de l’Intérieur a maintenu son cap en affirmant que "les Français savent bien" qu’il dit "la vérité".

Vendredi, il a déclaré sur RTL que "jamais" il n’avait "mis en cause les magistrats dans leur ensemble" dans ses déclarations sur la "démission" de la justice en Seine-Saint-Denis mercredi.

"Je dis àM. Canivet, que je connais bien, qui est un homme de bien, que si la justice française a pour seul problème (mes) déclarations, c’est qu’elle va bien", a ajouté le ministre alors que le premier président de la Cour de cassation Guy Canivet a mis en cause les propos de M. Sarkozy et demandé àêtre reçu par le président de la République.

Le Garde des Sceaux Pascal Clément, pris entre solidarité gouvernementale et défense des magistrats, a souligné jeudi que la justice française était "sévère" et qu’on ne pouvait la critiquer qu’avec "mesure et impartialité".
Le premier président de la Cour de Cassation, Guy Canivet (g) et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie, le 18 octobre 2004 àParis
©AFP/Archives - Franck Fife

Selon Guy Canivet, la "nouvelle atteinte àl’indépendance de l’autorité judiciaire" par le ministre de l’Intérieur "et la polémique qui s’ensuit, opposant les institutions publiques, affaiblissent tout autant le crédit de la justice que l’autorité de l’Etat".

Le premier président de la Cour d’appel de Paris, Renaud Chazal de Mauriac, a fustigé "la stigmatisation de la justice àtravers des formules chocs et réductrices" de Nicolas Sarkozy, dont la tactique "peut s’avérer dangereuse et réjouir ceux qui ne respectent pas les lois de la République".

Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, s’est déplacé en Seine-Saint-Denis pour "soutenir" les magistrats du tribunal de Bobigny, en première ligne dans les affaires de délinquance.

Parallèlement, on apprenait de source judiciaire que le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) avait remis la semaine dernière au président Chirac un avis dénonçant les atteintes àla séparation des pouvoirs par Nicolas Sarkozy lorsqu’il avait déjàcritiqué en juin les magistrats de Bobigny.

L’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) "s’est félicité" de la décision de Guy Canivet, dénonçant "un ministre de l’Intérieur qui s’en prend régulièrement àl’institution judiciaire, affaiblissant ainsi l’Etat".

Le Syndicat de la Magistrature (SM, gauche) a surtout vu dans cette "déstabilisation de l’institution judiciaire" par M. Sarkozy une "instrumentalisation de l’appareil d’État au service des ambitions d’un candidat àl’élection présidentielle".

Le PS aussi a cru repérer la stratégie électorale, accusant Nicolas Sarkozy de chercher des "boucs émissaires", comme les magistrats, pour "détourner l’attention" de son bilan. Ses ténors se sont relayés pour demander "rappel àl’ordre", "explication", voire "démission" du ministre.

Si l’UMP soutenait son président, le Premier ministre rappelait seulement que la lutte contre l’insécurité était un combat "sans relâche" qui demande "beaucoup d’humilité et beaucoup d’engagement", après avoir salué plus tôt l’engagement de tous ses acteurs, dont les magistrats.

"Ce n’est pas mettre en cause l’indépendance de la justice que de pointer du doigt lorsqu’il y a des défaillances et lorsqu’il y a des choix idéologiques qui entraînent des conséquences sur une politique de sécurité", répliquait Nicolas Sarkozy.

"Les Français savent bien que ce que je dis, c’est la vérité et innombrables sont les témoignages que j’ai reçus depuis hier pour me dire : +enfin quelqu’un ose parler+", a-t-il dit en sortant de l’hôpital de la Salpêtrière où il avait rendu visite àun CRS agressé mardi dans l’Essonne.


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A propos de Le blog de Guillaume
Ma formation initiale est un parcours supérieur dans les sciences humaines et le travail social, car je place l’humain au centre de toutes mes réflexions et souhaits d’agir.Retour ligne automatique Intéressé par l’insertion professionnelle à l’origine, mon intérêt pour le 19ième siècle et l’émergence (...)
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