dimanche, 27 septembre 2020|

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La cigarette du dimanche

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Je suis un ancien "vieux jeune fumeur" :’-))

J’ai commencé à fumer mes premières cigarettes en 6ième. Un copain avait de grands frères un peu rebelles, lui fumait, on a clopé ensemble [1]. C’était gentillet à cette époque, 1 cigarette par jour, il ne fallait pas attirer l’attention sur une haleine trop fétide.

Et puis les années ont passé, toujours au collège. Je ne sais pas ni quand, ni comment c’est arrivé, mais un jour, ma mère l’a su. Je n’ai pas souvenir de m’être fait alpagué, ni sermonné. Cela a du se passer. Point.

Ma mère fumait un peu. Des gauloises filtres. Mais pas beaucoup, de temps en temps, aux occasions... Et le dimanche !

Dans certaines familles, le dimanche, c’est le jour du seigneur. Dans d’autres, c’est le jour de la famille. Moi, c’est devenu un jour, le jour de la cigarette en famille. Mes souvenirs ne sont plus clairs là non plus, mais je sais qu’à un moment, j’ai eu le droit de fumer une cigarette après le repas avec ma mère.

La cigarette officialisée en quelque sorte, celle qui ne se cache plus, ou plutôt celle qui est socialement assumée. A côté de celles qui se fument dehors, ou devant le collège, ou chez les potes... Là, elle a un goût spéciale, car elle a supprimé le goût de la transgression. Elle est autorisée, elle prend sa vraie place : celle de la sucette à cancer qui va lentement faire son oeuvre sur la place publique...

Car quelle est la différence entre la cigarette fumée en cachette et celle qui est autorisée ? Le goût social ! Les deux donnent le cancer, mais l’une est autorisée à donner le cancer. :-/
C’est la même chose que la prohibition alcoolique et la vente libre : les deux whisky donnaient la gueule de bois, mais l’un est socialement accepté. :-O

Ma mère a donc accepté un jour de me voir m’insérer le cancer par voie orale.Terrible pour un parent non ? Avait elle le choix ? Si je ne la fumais pas, je l’aurais fumé ailleurs, dans un endroit moins social. La question est de savoir si, en tant que parent, on cautionne, on se bat, on accepte, on tolère, on dissuade... Et là, c’est pour une cigarette, le combat est autrement plus compliquée quand il s’agit de drogues plus dures qui nuisent à la relation sociale intrafamiliale.

Non non, plus j’y réfléchis, plus je pense que ma mère n’a pas fait le bon choix à l’époque.

Cela peut être perçu comme hypocrite, mais je pense qu’avec le recul, j’aurais préféré qu’elle me dise "non, tu ne fumeras pas avec moi, la cigarette n’est pas bon pour la santé, je ne cautionnerai pas la mise en cause de ta santé". Probablement que j’aurais pesté comme tout adolescent qui se respecte, mais...

Maintenant, je ne fume plus. Depuis 10 ans, je n’ai pas touché une clope. Et cela ne me manque pas. Cela ne me dérange pas non plus qu’on fume à côté de moi (même en voiture !). J’ai suffisament de spécificités médicales non (totalement) volontaires pour ne pas m’en rajouter une volontairement. Je ne bois pas d’alcool, je ne fume plus.


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[1Accessoirement, il m’a aussi fait découvrir le punk :-P


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A propos de Le blog de Guillaume
Ma formation initiale est un parcours supérieur dans les sciences humaines et le travail social, car je place l’humain au centre de toutes mes réflexions et souhaits d’agir.Retour ligne automatique Intéressé par l’insertion professionnelle à l’origine, mon intérêt pour le 19ième siècle et l’émergence (...)
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