samedi, 5 décembre 2020|

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Cessons de jeter le bébé (L’ANPE) avec l’eau du bain (Le chômage) !


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Depuis 3 mois, l’activité de Ressources Solidaires s’est beaucoup développée et ce n’est pas l’aspect saisonnalité d’octobre (Deuxième session d’examens des étudiants) qui explique ce développement, c’est tout simplement un développement de l’activité, chiffres àl’appui.

Nous avions anticipé cette augmentation brutale et je savais déjàavant l’été qu’il nous faudrait rapidement embauché. Et ceci pour 3 raisons :
- Ma collègue Brigitte passera àmi temps en juin 2009
- L’activité va évoluer brutalement fin 2008 et continuer d’augmenter en 2009
- Mes tâches doivent impérativement s’orienter encore plus vers le développement et je dois, pour cela, lâcher du technique

Le conseil d’administration de Ressources Solidaires m’a donc validé le fait d’embaucher. Même si de fait, j’ai la compétence GRH [1] de l’association, le CA est le responsable légal.

Le recrutement passera donc par un contrat aidé. Et donc, devra nécessité l’accord de l’ANPE. Pour notre part, nous savions quel profil nous pensions embaucher : grosso modo, un(e) assistant(e) de direction. Mais c’est sans compter les fourches caudines de l’ANPE qui dans son rôle de grand garant de l’insertion professionnelle des « plus éloignés  » de l’emploi, doit étudier et contrôler les profils de poste pour les contrats aidés. Et àjuste titre, car sinon, on se verrait encore embaucher que les « plus proches de l’employabilité  » des « plus éloignés de l’emploi  »... Vous me suivez ?

Nous avions réalisé notre profil de poste, largement diffusé autour de nous... Comme ànotre habitude, parce que donner des informations précisés aux candidats est pour nous un signe de respect et non « calibrage du profil  », notre offre était détaillée.

L’ANPE n’a pas accepté que nous recrutions un(e) assistant(e) de direction, mais acceptait un(e) secrétaire bureautique. Et de 15 lignes de missions et une dizaine de critères de profil, nous passions à2 mots pour les missions et 2 mots et un niveau pour le profil. Perte sèche !
Et comme c’est un contrat aidé, l’ANPE recevait les offres et sélectionnait celles qu’elle nous envoyait en vérifiant les bonnes conditions de contrat.

Passons sur les difficultés diverses et variées de recalibrage de l’offre, de candidats n’ayant VRAIMENT pas le profil et ainsi de suite. Environ 20 candidatures, 6 entretiens et une reçue.

Position pas simple pour l’ANPE : décriée pour une soit disant incompétence qui n’est en fait que le fruit des différents changements de positionnement que les Gouvernements successifs lui ont fait prendre, perdant àchaque fois un peu plus de sa capacité àêtre universelle et polyvalente. Mais incontournable pour certains aspects du secteur de l’emploi.

Et surtout, enfermé dans une logique de cloisonnement et de cases, probablement liée àl’obligation de sortir des statistiques précises sur tel et tel aspect du marché. Pourtant, la France possède cet outil territorial important et qui pourrait être une vraie force de frappe.
Il faudrait déjàquitter cet outil informatique cloisonné et contraignant pour réintégrer le discours que ses agents portent : l’humain. Car avant d’être un dossier, le demandeur d’emploi est avant tout un humain, avec un passé, un présent et un avenir (Surtout ne pas l’oublier !). Et des désirs, des souhaits, des non-souhaits, … Pour faire maintenant, régulièrement des salons, et donc des mini-entretiens professionnels, la question qui vient rapidement sur la discussion est celle de la transversalité des compétences. Je sais faire quoi ? Et dans quel métier (si possible avec un « s  ») puis je les appliquer ? Surtout, ne pensez pas que ce type d’approche est réservé àdes profils Bac + 4, avec expérience. Il faut simplement écouter la personne et bien connaître ce que sont les métiers. Sachons ressortir les compétences et l’humain de chacun pour recréer un être de chair et de sang...

Et cessons de jeter l’opprobre sur des agents de l’ANPE qui sont des salariés de l’institution, avant tout, donc des exécutants des missions que des dirigeants leur ont donné. L’ANPE est le bras armé des politiques d’emploi des Gouvernements avant tout.

Et pour revenir sur notre candidate chanceuse, Eva, soit dit en passant, elle n’aura pas été recrutée tant sur son profil d’assistante de direction (Expérience courte dans le poste) que sur un ressenti d’un grand potentiel de compréhension de ce secteur si particulier qu’est le notre. La technique, cela s’acquiert, le feeling, non et le relationnel encore moins.

Alors, voilà... Depuis lundi, nous sommes 3 salariés. Et je pense qu’en 2009, si tout se passe bien, nous serons 4, puis 5, en intégrant des compétences en développement internet d’une part et des compétences bureautique d’autres part.

Certains avaient (quasiment) parié sur la mort de Ressources Solidaires quelques mois après notre création. Râté ! La mutualisation de compétences, la prudence des décisions, l’esprit militant, mais malgré tout d’entreprise, ont créé de l’emploi grâce aux partenaires privés et publiques qui nous ont fait confiance. Sans oublier les centaines d’adhérents, socle social de notre activité !


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[1Gestion des Ressources Humaines


3 Messages

  • Je suis doublement interpellée par votre article car je suis àla fois agent ANPE(en congé individuel de formation) et étudiante en MASTER 2 en Ingénierie de projet en économie sociale et solidaire (et oui même les conseillers ANPE peuvent se reconvertir !). Je crois effectivement qu’il ne faut pas assimiler les Agents ANPE aux politiques qu’on leur demande de mettre en Å“uvre. Si certains sont entrés àl’Agence pour se "caser", beaucoup d’entre eux ont une vraie vocation pour leur métier. Les plus passionnés sont d’ailleurs parfois ceux qui tombent du plus haut lors de la désillusion. J’ai pu aider de nombreuses personnes pendant ces 7 années, j’ai pu aussi ne rien apporter àd’autres. Nous travaillons sur de l’humain (tous les cas ne nous inspirent pas), nous manquons de temps pour creuser les cas les plus délicats, nous avons des cases hermétiques àremplir et comme vous le dites il faut faire du chiffre donc forcément on laisse du monde sur la route...

    Après 2 années de mal-être dans mon travail, j’ai enfin décidé de rebondir (après tout il me reste encore au moins 30 ans àtravailler) et de me remettre en question. Suite àBilan de compétences, il est apparu que j’aimais mon métier mais que je voulais travailler avec des personnes qui avaient les mêmes valeurs que moi et apporter ma pierre àl’édifice pour aller vers un monde meilleur.

    Après mon master, je m’apprête àcréer une activité dans le conseil àl’emploi (bilans de compétences spécifiques, stages de travail en groupe, formations) spécialisé dans les carrières alternatives : métiers du développement durable, de l’ESS, de l’artisanat d’art. Je souhaite également aider les gens qui le souhaitent àimaginer d’autres articulations entre la vie personnelle et la vie professionnelle, la revalorisation du travail "ménager" et de l’éducation des enfants par leurs parents.Cette richesse n’entre pas dans le calcul du PIB, et pourtant elle est primordiale pour l’avenir d’une société.

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  • Mais recruter selon les critères des contrats aidés est un véritable casse tête d’un point de vue institutionnel (comme vous l’avez exposé) et humain. Car, selon ces critères, l’entreprise (association) doit faire cohabiter ses propres besoins en termes de compétences avec les cases imposées par le système. En outre, les candidats sélectionnés par l’ANPE ont rarement le profil recherché pour plusieurs raisons : 1- on les recrute en fonction de leur "non employabilité" supposée. Les personnes sont souvent considérées comme inemployables de part leur longue traversée du désert. Elles même se considèrent comme des sous employées, puisqu’elles ne sont capables de décrocher "qu’un emploi aidé" (on est obligé de payer l’employeur pour qu’elles aient un contrat...). Contrat précaire d’un point de vue financier, mais aussi fort peu reconnu sur le marché de l’emploi (suite àces contrats, peu de personnes retrouvent un emploi en CDI). J’ajouterai que l’accompagnement àla sortie de ces contrat est... inexistant ? ou presque...

    2 - Comme vous l’avez écrit, les profils présentés par l’ANPE sont réduits àquelques mots clefs. Ces mêmes mots clefs repris par les candidats potentiels feront qu’ils seront sélectionnés. Et souvent, les critères de sélection se limitent simplement àleur éligibilité dans les cases (DELD, RMI, API etc...) et non pas àleurs compétences/Profil professionnel.

    Enfin, je me pose la question de savoir si l’on ne manipule pas le système pour qu’une partie de la population, sensée (àla base) être employable de part une formation et une expérience professionnelle, ne devienne inemployable. Or, aujourd’hui, je constate que des contrats aidés sont proposés sur des profils Bac +2 voire même Bac +6/8 (doctorat, si si !!), alors qu’àla base, ils étaient destinés àaider les personnes les plus éloignées de l’emploi car non formées (ou peu formées) ou sans expériences professionnelles. Alors, les contrats aidés sont devenus un excellent moyen de bénéficier des compétences des salariés àun moindre coà»t. De lààdire que les personnes non formées ou sans expérience soient incompétentes, certes non. Mais comme on me l’a appris en cours de GRH : le recruteur cherche quelqu’un d’opérationnel. Alors, même sur des contrats aidés, on préfère recruter quelqu’un qui sait plutôt que quelqu’un qui saura...cela ne dénature t-il pas l’existence même de ces contrats ?

    Néanmoins, j’ai trouvé intéressant votre réflexion concernant le potentiel de votre nouvelle employée, potentiel qui sera, je l’espère pour elle, optimisé par des formations qualifiantes et une expérience professionnelle gratifiante.

    Pour info, je fais partie de ces inemployables, en recherche d’emploi depuis 1 an et quelques, titulaire d’un DESS et ayant une bonne expérience professionnelle. Je ne doute pas que l’on me proposera un contrat aidé d’ici quelques mois, histoire de profiter de mes compétences qui, pour le moment, semblent être inexistantes, mais qui deviendront visibles comme par enchantement dès que mon profil rentrera dans les critères des Contrats aidés...

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  • Les aléas de recrutement pour étoffer l’équipe de Ressources-Solidaires ici décrits en ce Mois de l’Economie Sociale et Solidaire pose la question de " Qu’est-ce que la culture ESS et la professionnalisation des différents métiers qui l’animent ?

    En l’absence de "sensibilisation àl’ESS" dès l’amont des choix d’orientation et de formation professionnelle, depuis le collège avec simplement la vaccuité de l’accompagnement des stages d’une semaine en entreprise des élèves de 3éme et la suite idem, la fameuse polyvalence (co-responsabilité propre au SCOP et les spécificités de la vie associative-employeur) est exclue du paysage de l’information, de l’orientation, de formation et de l’emploi des jeunes et des anciens jeunes. cf : les forums des métiers locaux.

    La culture dominante étant compétitive ( quantitative) plus que coopérative (qualitative), l’ANPE est instrumentalisée par l’ensemble des acteurs politiques, économiques et consulaires qui enfourche le cheval de la compétitivité avec peu de soucis d’être compris et suivis par des collectifs adhérents àla culture et au projet d’entreprise, comme àfeu le projet de société ou le malmené projet de civilisation.

    Dans le même temps les consulaires paradoxalement constatent la difficulté de reprise et de création d’entreprises ! Cherchez les causes de non embarquement de voyageurs pour des trains àla destination si peu lisible sinon franchement dissuasive quant aux solidarités internes. L’anthropologie du projet et la sociologie ( sinon la démocratie) appliquées àl’entreprise comme aux territoires, selon la théorie des fractals.cf. hors champ coopératif la lecture de " L’entreprise du 3éme type " d’Hervé Serieyx en 1984 réédité depuis, pointait déjà" zéro défaut- zéro mépris" dans le management. Cela incluait une confiance dans les relations collatérales au sein des entreprises.

    S’agissant des Sociétés Coopératives Ouvrières Autogérées et de leurs descendantes, nous connaissons le Réseau R.E.P.A.S. ( Ardelaine, Ambiance Bois, etc...) qui pré-forme àla polyvalence avant les spécialisations nécessaires en interne dans chacune des SCOP du réseau. Ces acteurs font figure d’exception et ma proposition d’intervention avec une conférence-débat précédée d’ateliers sur le thème " Economie plurielle" en mars prochain au Mondial des Métiers àLyon rencontre quelques hésitations au sein du Staff de cette honorable manifestation.

    La pugnacité engagée dans un lien entre l’ESS et les Droits de l’Enfant ( dont l’article 17 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) - Art.17 Médias - Droit aux informations) vise àréduire cette discrimination systèmique qui rend pratiquement invisible dés l’amont l’ESS dans les processus éducatifs et d’enseignement-formation. Voir le Blog Les Ateliers d’Algebrista sur ce site.

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A propos de Le blog de Guillaume
Ma formation initiale est un parcours supérieur dans les sciences humaines et le travail social, car je place l’humain au centre de toutes mes réflexions et souhaits d’agir.Retour ligne automatique Intéressé par l’insertion professionnelle à l’origine, mon intérêt pour le 19ième siècle et l’émergence (...)
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